Fiche Technique Musicale 3       
Accords et harmonisation        

  
Un tout petit peu de théorie, sans (trop) entrer dans les détails.

Il y a essentiellement un accord à comprendre : l'accord formé par les trois notes non successives : Do-Mi-Sol ou Ré-Fa-La ou Sol-Si-Ré. On l'appelle en toute modestie l'accord parfait. C'est simple, à chaque fois, on saute une note Do (Ré) Mi (Fa) Sol. C'est cet accord qui fait beau pour des tas de raisons dont des raisons mathématiques mais la principale est que notre oreille occidentale y est habituée.


Quand on dit accord de trois notes, il faut préciser : on peut répéter les notes à l'octave et mélanger l'ordre :
exemple :Mi3-Do4-Sol4-Do5 est un accord parfait de Do

On peut ajouter un second accord : l'accord de septième avec 4 notes. C'est simple, on fait la même chose, mais avec une note de plus. Par exemple : Sol (la) Si (do) Re (mi) Fa est l'accord de Sol septième.



Les fonctions tonales
Pour ne retenir que l'essentiel, les trois degrés importants de la gamme sont les degrés I, V et IV. (C'est à dire, pour illustrer, en gamme de do majeur : le Do, le Sol et le Fa.)

Le degré I est la tonique. C'est la note qui est affirmée au début de l'air. Puis on va s'en éloigner tout au long de la mélodie et la retrouver à la fin de l'air. En général, on va démarrer et terminer le morceau par un accord parfait de tonique.

Le degré V, qui se trouve dans l'accord parfait, est la deuxième fonction tonale importante, après la tonique : la fonction de dominante. L'accord de dominante va aider à affirmer la tonalité. On va la rencontrer à plusieurs reprises dans le déroulement de l'air. En outre, on termine souvent un air par l'enchaînement accord de dominante- accord de tonique (V-I).  On peut renforcer cet enchaînement en utilisant l'accord de septième de dominante pour terminer sur la tonique (V7-I) : l'accord de 7e, légèrement dissonant, annonce qu'on ne va pas s'arrêter sur cet accord et à l'inverse, quand on trouvera l'accord suivant, qui va soulager l'oreille en supprimant la dissonance, on aura un sentiment de plénitude renforcée, c'est à dire le sentiment d'être à la fin (de la mélodie ou de la phrase musicale)

La troisième fonction tonale importante est celle de la sous-dominante (degré IV), Elle va plutôt donner l'impression que l'on cherche à quitter la tonalité.

Les accords construits sur ces trois degrés forts I, V et IV suffisent à accompagner toutes les notes. Ce sont les trois accords parfaits majeurs.


En d'autres termes, si on veut accompagner une mélodie en Do majeur, il suffit d'avoir à la basse un do, un fa et un sol (ce qui est le cas d'un orgue 27 touches, cela tombe bien...)

En Sol majeur, il suffit d'avoir à la basse un Do, un Ré et un sol (ce qui est aussi le cas d'un orgue 27 touches, cela tombe encore bien...)

En Ré mineur, il suffit d'avoir à la basse un Ré, un Sol et un La (ce qui n'est pas le cas du 27 mais qui est le cas d'un orgue 29 touches, ...)

Pour les autres tonalités, il va falloir se débrouiller...
Pour la La mineur par exemple, les trois accords de base sont La, Ré et Mi. On a le Ré. Pour l'accord de Mi (dominante) , on peut prendre à la basse une autre note de l'accord: Mi-Sol-Si: on a le sol, la note du milieu. Pas génial , mais on fait avec.
Pour le La (c'est la tonique !), et si on a un 27 touches,  on n'a que la possibilité de mettre un Do à la basse. Vraiment pas génial. Cela vaut le coup de bien regarder si on ne peut pas transposer en ré mineur.. ou rajouter deux touches à son instrument.

( a parte --Bon, il y a un autre truc aussi: à l'orgue de barbarie, les basses sont là pour marquer le rythme plus que pour souligner l'harmonie. Alors on peut mettre une basse quelconque très courte, un Do, qui va émettre une vibration sensible à l'oreille pour indiquer le temps, mais trop courte pour identifier le son .-- fin de l'a parte)

Les autres, dits degrés faibles, sont assimilés aux trois fonctions tonales principales. Retenons que:


Les degrés III et VI sont proches de la fonction de tonique. (accord mineur)

Le degré VII (sensible) est proche de la fonction de dominante (quinte diminuée).

Le degré II est proche de la fonction de Sous Dominante (accord mineur).

exemple:  si la logique voudrait qu'on mette un accord de tonique mais qu'on veut varier, on peut introduire un accord III ou VI.

exemple : Si on est en La Mineur, on voit qu'on a les accords de Do et de Fa qui ont des fonctions proches de la tonique. On peut essayer, là où on aurait voulu mettre un accord de la, d'essayer de mettre un accord de Do ou de Fa... (sauf sur l'accord initial et l'accord final, bien sûr)

Fonction tonale Principale Tonique Dominante Sous dominante

degré I

Degré V

Degré IV

Fonctions tonales
secondaires

degré III
degré VI

degré VII

degré II

Tonalité Do

I :        Do-Mi-Sol
III:             Mi Sol Si
VI  La Do Mi

V :  Sol Si Ré
V7: Sol Si Ré Fa
VII :      Si  Ré Fa

IV :     Fa La Do
II : Ré Fa La

Tonalité Fa

I :         Fa La Do
III :            La Do Mi
VI : Ré Fa La

V :Do Mi Sol
VII :   Mi Sol Sib

IV  :     Sib Ré Fa
II : Sol Sib Ré

Tonalité Sol

I :         Sol Si Ré
III :             Si Ré Fa#
VI : Mi Sol Si

V : Ré  Fa# La
VII :     Fa# La Do

IV :     Do Mi Sol
II :  La Do Mi



Harmonisation d'une mélodie :
La Musique Classique a multiplié les règles d'harmonie. Il y a plein de livres et de sites sur le sujet. Et puis, ces règles de base ont été ont été contournées par les musiciens modernes. L'oreille s'est habituée à de nouveaux schémas. On peut donc tenter beaucoup de choses, et il ne faut pas s'en priver. Mais si on hésite, on peut aussi se souvenir de quelques règles dont on sait que ça sonnera bien à coup sûr.  On essayera aussi de caser des cadences connues, si le chant le permet, mais de toute façon, le choix des accords n'est pas unique, et tout n'est qu'une question d'appréciation. (Une cadence est un enchaînement d'accords dont on sait par expérience qu'ils fonctionnent bien ensemble. )



En général,  on choisit comme premier accord l'accord parfait de tonique sous sa forme fondamentale (il n'est pas forcément le tout premier, mais il doit arriver très vite) . Et on termine de même.


Les cadences parfaites V-I
En général, on termine la mélodie par une cadence parfaite, c'est à dire un enchaînement de l'accord du degré V (V : accord parfait de dominante ou V7 : septième de dominante) suivi de l'accord parfait de la tonalité. Pour la tonalité de do majeur, la suite d'accords est : Sol-Do ou Sol7-Do

Elle donne une impression d'achèvement. Elle est utilisée pour terminer la mélodie ou marquer la fin d'une partie importante .

On peut continuer, amplifier l'effet d'achèvement  en proposant une succession IV -V - I ou IV - I - V - I . .. ou en remplaçant IV par II comme on a vu: II-I-V-I. Alors là, ça s'appelle une cadence italienne.
On a aussi souvent en Jazz l'anatole : VI-II-V-I.

Les cadences rompues V-VI
C'est un enchaînement entre le degré V et un autre degré que le degré I auquel on s'attend (souvent le degré VI). Au lieu de s'achever, la musique se trouve relancée éventuellement dans une autre tonalité.

Les cadences plagales IV-I
Elle était utilisée au moyen âge. Elle donne un autre effet plus solennel, parce que culturellement, cela renvoie à une autre époque. Là c'est juste pour dire qu'après avoir donné une règle (terminer sur V-I), il faut savoir y déroger.

L'enchaînement des notes des Cadences dans l'accompagnement
Ce qui est également important c'est de voir comment s'enchaînent les notes des différents accords.  Par exemple , l'accord de dominante (Sol Si Ré en tonalité de Do) suivi de l'accord de tonique fera un meilleur effet s'il est "renversé" (Ré Sol Si : le ré s'abaisse d'un ton pour aller au Do, le sol reste, le Si augmente d'un demi-ton et on a l'accord Do Mi Sol Do). L'idée est que les différents accords qui se succèdent comportent des notes les plus proches possibles les unes des autres.



 Dernière mise à jour le 22/06/07.